mercredi 7 octobre 2009

{Workshop PPP} La tournée des bistrots ou l'ultime buvette

Présentation avec nos nouveau profs de graphisme, Marie et Bertrand et nous voici partis pour une semaine de workshop.

Premier jour, nous avons étudié le journal dans son ensemble et en avons retirés des mots-clés. Le support final sera deux images fonctionnant ensemble dans un format 60x40 cm. J'ai choisi le mot "Bistrot" parce que je souhaitais considérer le journal non pas comme un support de contenu mais comme un objet du quotidien.
Il semble important de préciser que j'ai choisi de travailler sur le bistrot, et non pas sur le café ou le bar, qui sont des lieux bien distincts. Les gens ont généralement l'habitude d'y boire un café ou une bière, en lisant tranquillement leur journal.



Deuxième jour, ça y est, me voici lancé, je m'essaie aux astuces du pliage de lamelles de papier et tente d'y voir le mot "bistrot". J'ai eu cette envie en voyant une affiche produite par un graphiste iranien pour le concours Asma-ul Husna organisé par la Union des Graphistes Indépendants d'Iran. Je trouve ça fou que tous les pays où la liberté d'expression est bafouée et où se déroulent des évènements pas très marrants soient aussi doués en graphisme...



Elnaz Bagheri (mention honorable)

Hélàs c'est assez long et pas très efficace pour le moment, mais je pense travailler sur cette technique prochainement.

Je tente aussi un découpage du mot dans des accumulations de photocopies du journal. Je fais plusieurs essais de typos, et je tombe d'accord avec moi-même sur une didone, la Bodoni poster, qui ressort le côté ancien et élégant du bistrot.



Troisième jour, j'ai décidé de partir dans différents bistrots et de demander aux clients de poser pour moi lorsqu'ils lisent le journal. Je souhaite photographier les lecteurs de face et ensuite traiter les images afin de remplacer le journal par sa silhouette blanche. Ainsi je tente de focaliser l'attention sur le journal par son absence.
  
"C'est là que mon projet prend toute sa dimension sociale."


Je suis tombé sur plusieurs personnages assez atypiques, j'ai abordé des situations bien singulières au lieu qu'est le bistrot. Tout d'abord, un monsieur un peu saoul qui m'a bien aidé. Ensuite, un refus de la part d'un autre écrivant des SMS sur son téléphone "dont on est pas censé savoir qu'il est à Pau" (je cite) bref je vous imaginer l'histoire... Ensuite, un chauffeur de bus scolaire qui m'apprend que selon la loi il ne peut pas boire car le taux autorisé est de 0,20g/L. Puis deux dames bien sympas dont l'une aurait entendu "qu'avec ta photo, après ils te la mettent sur internet et mettent ta tête sur des photos cochonnes". Sans commentaire. Enfin si, un. C'est souvent les gens qui ne comprennent rien à une technologie qui en sont effrayés inutilement...




Et après sélection, deux photos fonctionnaient bien ensemble, j'ai alors tenté d'y insérer mon mot découpé la veille dans une composition de photocopies :

 
Je remercie au passage Marie qui par un effort surhumain a accepté de prêter ses dix doigts au grand complet et a défié toute gravité, contre vent et neige, pour... tenir ma typo.



Une référence au travail du peintre Gérard Fromanger :





La suite au prochain épisode !




Quatrième jour, premier avis de mes camarades et professeurs, on a fait une espèce de débriefing, chacun parlait de son travail et donnait son avis sur celui des autres. J'ai trouvé ça assez bien d'avoir tous ces avis, ou de devoir argumenter sur des questions auxquelles je n'avais pas pensé.

On tombe d'accord sur le fait que le texte en noir et blanc brouille la lecture des images. J'opte donc pour un texte plus discret aligné sur la ligne séparatrice des deux photos. L'image fonctionne bien mieux ainsi.






Mais...

...je n'en ai pas fini avec les expérimentations farfelues. J'ai tenté de prendre en photo du journal où figurent des traces de tasses de café mais ça n'a pas été conclu. J'avais envie d'essayer une autre idée, faire une typographie à base de matières provenant du champ visuel du bistrot. J'ai pensé à cela par rapport à certaines affiches de Stefan Sagmeister (vous savez, le graphiste autrichien un peu fou qui s'est lacéré le torse pour y écrire le texte d'une de ses affiches)...

J'ai donc, durant deux heures, fignolé dans le plus grand anonymat une typo entièrement faites de cacahuètes...Quand j'ai vu le temps que ça m'avais pris, autant vous dire que j'ai laissé tomber pour les capsules et les sous-bocks.

Comme je suis assez content du résultat, je pense continuer à créer des typos en matières durant cette année, qui sait sur quel matériau intéressant je vais tomber...

Le résultat en image (j'en suis assez content) parlera mieux :



Je vous rassure, aucune cacahuète n'a été maltraitée durant le tournage (ni pendant l'apéro qui a suivi)



Ce qui a donné lieu à une seconde production, et je dois bien avouer que j'ai eu du mal à choisir donc je l'ai aussi imprimé. On notera la présence de cette fameuse baguette à journal, faite avant tout pour tenir le journal droit mais en réalité pour empêcher d'agir les Arsène Lupin de la gazette. Petit fait marrant, les noms des journaux "L'éclair" et "La République" étaient distinctement inscrits sur leurs baguettes respectives bien que ce soient exactement les mêmes journaux...
(cliquez sur l'image pour agrandir)

C'est la fin de ce workshop, c'était une bonne expérience, j'ai eu l'impression de faire du "graphisme social" de par ma démarche parce que je me suis senti proche des gens et que je les ai fait participer à la délivrance de mon message. J'ai voulu donné à ce projet une dimension plus étalée dans le poétique. Les bistrots, c'est tout d'abord la chaleur du café et le plaisir d'une bonne lecture avant même la chaleur des haleines fétides à l'heure de l'apéro. A propos de ce que j 'appelle "graphisme social", j'ai pensé aux affiches de Vincent Perrottet dont on a la chance d'avoir un vernissage à la galerie de l'ESAC vendredi prochain.

 A bientôt pour la typo Chips et tapas :p

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Pas d'écriture en SMS, merci !