Première visite : Patrick Pujalet, fromager et éleveur de brebis. J'ai trouvé la méthode de fabrication du fromage plutôt intéressante, et ce malgré l'odeur ! Un vrai délice ce fromage, même si je lui reproche de vieillir assez vite (je parle toujours du fromage!)...
Puis nous avons été accueillis par le maire et un garde forestier qui nous ont conté l'histoire du musée et de la falaise aux vautours. Je trouve cette histoire assez belle, car elle montre que l'homme peut encore vivre en harmonie avec la nature et qu'un geste envers elle peut vite devenir réciproque !
[ Les vautours, les hommes et les brebis ]
ou l'histoire sans fin du musée des vautours
En 1990, ce n'est qu'un terrain vague. Un peuple de bergers qui se meurt peu à peu.
Dans les années 60, avec l'exode rural, les promotions des filles sont d'être "bonnes à la ville" et les garçons à l'usine (et les bergers disparaissent peu à peu). Le manque de filles conduit à un grand nombre de vieux garçons.
Pour s'en sortir, on pense aux vautours qui nichaient parce qu'il y avait des bergers. Si il n'y a plus de bergers, il n'y a plus de carcasses pour les vautours et donc plus de vautours. En 1970, il y a à peine 7 petits vautours à l'envol. On décide alors en 74 de créer la Réserve Naturelle pour les préserver : on les nourrit l'hiver, et on les protège des touristes et photographes amateurs.
Une fois la population de rapaces sauvée, on tente d'en tirer avantage pour le village. Le maire va alors à la pêche aux subventions et réussit à obtenir jusqu'à 5 000 000 de francs (dont 500 000 Frs venant de la commune elle-même) pour financer ce musée des vautours. On installe des caméras en 1993, et on ouvre le 13 juin.
Pour être en bilan positif il fallait 10000 entrées la première année. Il y a eu 24000 entrées du 13 juin au 19 septembre et l'année suivante il y a eu 30 000 entrées ! Il y a eu 200 000 Frs de bénéfices rien que la première année. Cela a rendu service à tous les organismes de la vallée (hôtels, auberges, etc.). Avec ces bénéfices, la commune rachète des terrains en successions difficiles ou trop chers et les revend pour pas grand chose aux fils du pays n'ayant pas les moyens de s'installer.
Il y a maintenant 250 habitants et 3 lotissements. On compte aussi 5 logements sociaux, et il y a 52 enfants alors que les écoles avaient fermé.
Il y a également 12 ou 13 agriculteurs rien que dans le village. Les bergers n'ont jamais été oubliés au même titre que les touristes : leurs cabanes sont aux normes européennes et un groupe pastoral a été créé en un an seulement.
Enfin, dans les années 80, Aste-Béon fut la première ville d'Europe à être câblée en fibre optique grâce à TDF (Télévision de France). On y a tourné plus de 100 émissions et reportages télé.
" Les hommes ont sauvé les vautours qui à leur tour ont sauvé les hommes. "
En définitive, je dirai que cette visite m'a été utile pour mieux connaître l'histoire et le type de population de ce village. J'ai trouvé intéressant ce rapport homme/nature et les différents acteurs qui contribuent à la survie du village. Il y a une forme d'entraide que l'on retrouve assurément moins dans les rapports citadins, j'aime bien cette idée.


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