vendredi 15 janvier 2010

Workshop avec Pascal Humbert et Cécile Gras

Durant toute cette semaine, nous avons travaillé avec Pascal (basé en Catalogne) et Cécile (basée à Toulouse) de l'Atelier des Arpètes, qui nous ont présenté leur travail puis nous ont donné un sujet fort intéressant.

J'ai beaucoup l'esprit de partage qui règne dans leur manière de travail, une ambiance un peu similaire à leurs "papas", les dénommés Grapus. Des graphistes très généreux, dans leurs paroles, dans l'aménagement de l'espace dans nos ateliers (les tables étaient toutes collées), dans la quantité indéterminable de papiers et productions qu'ils nous ont amené, et surtout avec le goûter des rois offert à la fin du workshop ! Bref on en redemanderait, la semaine est passée bien vite...


Pour ce qui est du sujet, il fallait produire un petit objet à base de pliage, découpes, etc. assez simple pour être éventuellement reproductible. Il fallait choisir un texte pour le petit objet, puis en extraire un mot à apposer sur un grand objet.


J'ai choisi ce texte (dont j'ai extrait la phrase en bleu) :


À propos d'une citation de John Swinton, (et non Swayton) ancien rédacteur en chef du New York Times, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880.
À New York, lors d’un banquet, le 25 septembre 1880, le célèbre journaliste John Swinton se fâche quand on propose de boire un toast à la liberté de la presse :
« Il n’existe pas, à ce jour, en Amérique, de presse libre et indépendante. Vous le savez aussi bien que moi. Pas un seul parmi vous n’ose écrire ses opinions honnêtes et vous savez très bien que si vous le faites, elles ne seront pas publiées. On me paye un salaire pour que je ne publie pas mes opinions et nous savons tous que si nous nous aventurions à le faire, nous nous retrouverions à la rue illico. Le travail du journaliste est la destruction de la vérité, le mensonge patent, la perversion des faits et la manipulation de l’opinion au service des Puissances de l’Argent. Nous sommes les outils obéissants des Puissants et des Riches qui tirent les ficelles dans les coulisses. Nos talents, nos facultés et nos vies appartiennent à ces hommes. Nous sommes des prostituées de l’intellect. Tout cela, vous le savez aussi bien que moi ! »
( Cité dans : Labor’s Untold Story, de Richard O. Boyer and Herbert M. Morais, NY, 1955/1979.)


Pour ma petite production, qui fait vaguement penser aux ouvrages pour enfants de Bruno Munari, à base de calques et de petites choses cachées l'une derrière l'autre. Comme mon texte parle de la liberté de la presse, j'ai voulu représenter par la mise en abîme de formes issues du vocabulaire visuel de la cartographie, la profondeur et la chute de quelque chose qui n'est pas acquis. J'ai voulu également insister sur l'idée qu'on met le doigt "physiquement" sur quelque chose que l'on ne peut pas voir (l'effet de flou de plusieurs couches de calque superposées). Ainsi l'on découvre le texte au fur et à mesure que l'on parcourt le livret, qui pour marquer son point final laisse même entrevoir une petite surprise...




Puis j'ai choisi le mot "opinions" pour ma grande production. Elle reflète la petite, il s'agit du mot "opinions" à peine lisible puisque découpé dans du papier cristal blanc sur un mur blanc. Seule la brillance permet son déchiffrage. (A voir dans l'entrée de l'amphi de l'ESAC)



Et maintenant, quelques photos du rendu du workshop pour le plaisir des yeux ! (qualité pas terrible, je m'en rends compte maintenant, inutile de m'écrire pour avoir le numéro de la blonde sur la photo)





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