jeudi 1 avril 2010

Édition Aste-Béon : et ça repart de plus belle !

Demain, belle journée d'après la météo, je pars donc dans la matinée pour Lacq (projet photo, topo prochainement) et je réserve la suite de mon épopée pour Aste-Béon afin rencontrer ce fameux papy que j'ai pris en photo involontairement lors de notre première visite. Vous savez, ce papy en bleu de travail et béret noir que l'on a croisé plusieurs fois à pied et en vélo. Il fait partie intégrante d'une de mes affiches et figure même sur ma maquette de page web. L'occasion également de prendre les photos qu'il me manquait pour la réalisation de mes affiches.

Je m'interroge à propos de ce personnage : pourquoi a-t-il un bleu de travail ? Ce n'est pourtant pas l'habit des bergers du coin, peut-être était-il ouvrier d'usine ou mécanicien ou autre... J'espère que je vais arriver à le trouver bien que je doute qu'il soit très occupé durant ses journées. J'espère aussi qu'il voudra bien m'accorder une petite interview, car je suis sûr qu'il a une petite histoire intéressante à me raconter. Les photos n'ont pas l'air de le déranger alors je pourrais bien produire quelques portraits.

C'est très étrange comme sensation, j'ai choisi de faire mon édition-portrait sur lui et je ne l'ai même pas prévenu, je ne sais même pas son nom et en même temps je pense le croiser. Tout dépend donc de ce monsieur qui m'est inconnu. Cela me fait penser à un travail de Sophie Calle, où elle prend une total obsession pour un homme qu'elle suit partout sans même savoir qui il est, elle le prend en photo, écoute ses conversations orales et téléphoniques, pêche des infos sur ses occupations dans quelques bribes de mots et n'hésite pas à prendre un avion pour le rejoindre jusqu'au jour où...elle décide de mettre fin au projet et se désintéresse totalement de ce personnage pourtant si vital auparavant.

Au début, cela ne devait couvrir que l'édition pour Aste-Béon, et au fur et à mesure des mes travaux, j'ai remarqué que naturellement j'avais cette démarche : aller au contact des gens, les prendre en photos, leur emprunter quelques images, discuter avec eux, leur emprunter quelques mots. Même en souhaitant à l'origine prendre en photo des bâtiments je me retrouvais à discuter avec eux et à les prendre en photo, eux, qui sont pour moi les éléments, les couleurs vivantes de cet amas architectural. Peut-être mon projet de diplôme pourrait-il prendre cette direction ou bien en être un affluent.


Je vous invite à consulter le projet de l'ARC (description et images disponibles bientôt), celui du workshop sur la presse en début d'année ou encore le projet photo de Lacq (bientôt aussi). J'ai également commencé à prendre quelques portraits au hasard de mes trajets dans Pau...
Je suis me suis alors mis à l'évidence que lorsque je demandais aux gens de poser, l'image en devenait moins intéressante, de même lorsqu'elle n'est pas liée à une histoire.



Gens = Couleurs de l'architecture
 
 
 
Ill s'agit donc d'un travail qui ressemble davantage à un travail d'auteur, comme a pu le faire Vincent Perrottet ou encore Nicolas Simarik avec son projet "La déroute". J'avais aussi été interpellé par un programme de théâtre datant d'il y a quelques années (amené par Patrice à l'ESAC) présentant des habitants d'une cité en portraits individuels ou en photo de groupe à la manière d'une photo de classe.
 
L'association d'une image à un ou des mots, sortent du simple processus de l'observation pour amener à celui de la réflexion. Une anecdote qui explique une image ou une image illustrée par une anecdote ou citation a bien plus d'effet que l'un ou l'autre présenté individuellement. On s'imagine la suite d'un portrait dont on aurait tracé les limites picturales mais pas les limites de la pensée, comme une ouverture au hors champ de l'image fixée. Et puis la notion d'histoire qui intervient, on se laisse vaquer à notre imagination : d'où vient de personnage ? Pourquoi et pour qui tient-il ses propos ? Pourquoi de telle ou telle manière et qu'est-ce qui justifie le choix de ces mots plutôt que d'autres ? Tant de questions réelles, et de réponses supposées...je crois que d'une manière plus globale, c'est la nature même de l'art et du graphisme que de se laisser transporter à ce genre de pensée volatile. Après tout, une image n'est-elle pas faite pour susciter une émotion, et la pensée n'en est-elle pas une ?

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Pas d'écriture en SMS, merci !