mardi 15 juin 2010

Anthrographie : encore un échec, soldé par la pluie

Mardi 15 juin :

Il est 12h15, j'ai raté mon rendez-vous avec Abdel. Pourtant je croyais que nous étiez d'accord sur l'horaire, mais sans doute a-t-il cru que je ne viendrai pas et a-t-il dû aller manger pour ne pas être en retard à son travail. Hélas des problèmes en sérigraphie pour un autre travail (projet de Lacq) m'ont retardé...

Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque sur le banc d'en face, je vis deux papys maghrébins, exactement les personnes qui m"intéressent pour mon projet. Je fonce sur l'occasion vais vite chercher quelques matériaux dans ma voiture : mon mémoire, mon carnet de dessin, mon appareil photo, et quelques travaux que j'ai fait auparavant, toujours dans cette démarche de portraits.
 Je me dirige vers le banc et leur demande si je peux m'asseoir :

- " je peux m'asseoir ? "
- " bien sûr, ici c'est à tout le monde, tout le monde il peut s'asseoir "
- " je m'appelle Jérémy "
- " enchanté " (mais eux ne me disent pas leurs prénoms)

(Je commence à tenter d'expliquer que je suis à l'école des beaux-arts, que ma grand-mère est algérienne et qu'elle m'amenait aussi sur les bancs voir ses copines quand j'étais petit.)

- " pourquoi vous venez toujours ici, sur ce banc ? "
- " on vient comme ça, avant d'aller manger " (en regardant sa montre à plusieurs reprises, du coup je sens une gêne)

(Je tente de leur expliquer que je fais le portraits des gens, que c'est pour mon projet de diplôme, je ne suis pas sûr de me faire comprendre.)

Même pas une minute plus tard : 
- bon moi je dois y aller, au revoir monsieur.
- au revoir, bonne journée.
(Et le second le suit. Avant de traverser la voie, l'un d'eux retient l'autre car une voiture arrive, veillant l'un sur l'autre)

Je dessine vite fait l'un d'entre eux, de dos, lorsqu'ils attendent au passage piéton. C'est à ce moment là que je me dis que ça n'est pas grave, je n'ai qu'à dessiner ce qu'ils voient de ce banc, et tenter de me servir de signe faisant partie du champ de vision de ce banc. Je fais un dessin, en cinq minutes, j'en commence un autre et là, la pluie me met une grosse douche dans la tronche. Je range vite mes affaires qui craignent la pluie, à la fois déçu et quelque peu énervé. Et le pire dans tout cela, c'est que dix minutes plus tard la pluie cesse mais il est l'heure pour moi de retourner sérigraphier. Le sort s'acharnerait-il ? Pourquoi autant de difficultés à créer un contact ? Tous ces échecs seraient-ils une démarche à exploiter ? La suite au prochain épisode...

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