samedi 19 juin 2010

Anthrographie : recherches

Quelques recherches,

un peu en urgence mais cela fait un petit moment que j'ai défini :
  1. mon propos (proposer une autre forme d'écriture d'un portrait)
  2. mon sujet (les papys maghrébins)
  3. ma mise en forme : (édition à accrocher au mur, similaire au format calendrier, orientation paysage, diptyque) + déclinaison des images sur cartes postales

J'ai repensé à la confrontation de mes images en diptyque, et il y a aussi dans mon sujet une confrontation entre ce qu'on dans la tête ces personnages — qui vivent dans une certaine nostalgie de leur pays d'origine, se laissent porter par la vie — et ce qu'ils ont sous les yeux au quotidien, le monde dans lequel ils vivent maintenant.
  • aspect tactile : au Maghreb, on est habitués à se toucher,à être collés tous ensemble tandis qu'ici une distance de sécurité (aussi appelée proxémie) est respectée et il y a très peu de contact
  • la place qu'ont les personnes âgées dans la société : ici elles sont laissées de côté voire oubliées parce que considérées comme inutiles, au Maghreb elles sont sources de conseils et occupent une place très importante
Autre constatation intéressante : il existe des points communs entre le décor de leur pays d'origine et celui de l'endroit où se tiennent ces fameux bancs. Les palmiers, par exemple (importés par les coloniaux). Ou bien la vie qui défile sous leurs yeux, le mouvement.

Représentation intéressante : une cartographie d'où habitent ces personnages par rapport à l'endroit où se situent les bancs. Pour rester dans l'idée de mise en forme du lien social, je pourrais le faire sous forme de rhizome dans un souci de simplification.



-> Reste à arriver à obtenir plus de matière.

Aujourd'hui il a encore plu tout comme hier et avant-hier, et donc il n'y avait personne à l'endroit qui m'intéresse. Mais demain...il fait beau !




vendredi 18 juin 2010

Anthrographie : quelques photos



Suite aux conseils avisé de Patrice et Danièle, j'ai choisi de changer de nom de projet : "Anthropictural" n'était pas logique puisque rien ne fait référence à la peinture dans mon travail. "Anthrographie" me semble plus logique, dans l'idée d'une autre manière d'écriture du portrait humain.
(anthro : du grec anthropos = homme)
(graphie : du grec graphos = écriture, mais ici au sens large, une idée de représentation de la part d'un auteur et non pas de la discipline ou de l'acte d'écriture)



J'ai dit avoir des difficultés à prendre des photos, mais ce n'est pas totalement vrai : j'en ai quelques unes. Il est vrai qu'elles s'éloignent complètement de ce que j'espérais récolter, raison pour laquelle je n'y prêtais pas attention. Néanmoins, j'arrive à en découler quelques axes de recherches...

Demain samedi 19 juin, dernière tentative de prise de contact, grâce à l'aide du propriétaire d'un kebab dont j'ai parlé plus tôt.

Les bancs

pourquoi sont-ils vides ? pourquoi sont-ils pleins ? qu'y a-t-il à voir lorsqu'on s'y assoit ?



Mes personnages

une tenue bien spécifique : veste, chapeau et souvent un sac plastique à la main


idée d'éblouissement par le soleil (d'ici ? d'ailleurs ?)

Des pigeons et des miettes

quelqu'un a bien dû nourrir ces pigeons auparavant... (traces de passage)

jeudi 17 juin 2010

Dans les bacs !

Un nouveau freestyle en direct de l'E.S.A.C. de Pau (represent); du bon son brut pour les tuants !

Et comme disent tous les jeunes sur leurs blogs, " laché vo com !!! "

Un jour nous aussi on aura nos bacs !

Anthrographie : trouver quelqu'un qui m'insère ?

Mercredi 16 juin :

A 14h, je suis allé dans un kebab de mon quartier où je connais un peu les deux jeunes qui le tiennent. Je leur ai demandé s'ils pouvaient me fournir de l'aide ou me présenter quelqu'un en vue de m'insérer auprès des papys maghrébins qui m'intéressent. Et là l'un d'eux m'a appris quelques faits très intéressants :

  • D'après la religion musulmane, l'homme est création de Dieu, et il est interdit de représenter la création de Dieu. C'est la raison pour laquelle on ne verra jamais un humain représenté dans des tableaux ou décorations orientaux, mais plutôt la main de Fatma ou bien de la typographie décorative. C'est peut-être pour cela que j'effraie tant les gens avec mon appareil photo.
  • Au Maghreb il est de coutume que les anciens, après un certain âge, se laissent "porter par la vie". C'est sans doute une des raisons qui les pousse à se réunir sur des bancs, et à observer. Ces lieux leur permettent de se sentir impliqués dans la vie, de faire partie d'un peuple. Ils prennent goût au fait d'observer les autres vivre et s'activer.
  • Chez les occidentaux, la culture individualiste et le principe de distance de sécurité (aussi appelée "proxémie" par l'anthropologue Edward T. Hall) fait que les gens ne s'assoient pas sur un même banc mais utilisent chacun un banc. On peut par exemple retrouver ce phénomène dans les transports en commun où chacun va prendre deux places tant que le véhicule n'est pas plein. Chez les orientaux, si l'on vient s'asseoir à côté de quelqu'un sur un banc, cela peut être interprêté comme une intention de gêner en vue de récupérer le banc pour soi, et donc une fois gênée la personne qui l'occupait va partir.
  • Au Maghreb, il n'est pas rare de voir une dizaine de personnes partager un banc. Mais ici en Occident, les occidentaux ont souvent peur des jeunes en bande qui restent sur les bancs. Il s'agit pourtant juste d'une coutume déplacée géographiquement.

J'ai de plus en plus envie d'aller à l'origine même de ma démarche, au Maroc ou en Algérie. Dommage que le temps me manque...peut-être pour plus tard ? 
    • Les personnes auxquelles je m'intéresse sont pour la plupart traumatisées par une ou plusieurs guerres, repensant sans cesse à l'ancien temps et à ce qu'elles ont vécu. La situation est d'autant plus difficile pour une partie d'entre elles puisqu'on leur a demandé à un moment de "choisir" d'être français ou algérien. Cela a dû être un choix très difficile.
    • Beaucoup de ces personnes doivent se connaître, et peuvent être par exemple voisins dans leur pays d'origine, ou de la même famille même éloignée. En effet, lorsqu'un est arrivé en France et qu'il est revenu au Maghreb avec un travail et de l'argent, des gens ont dû lui demander de les aider à venir en France. Et c'est ainsi que chacun a fait venir un autre et etcaetera...on retrouve ce principe dans tous les groupes d'émigration, quelque soit le pays d'accueil.
    Avant de m'interroger sur le fait que ces bancs sont occupés, pourquoi ne pas m'interroger aussi sur le fait qu'ici les bancs sont vides ?
      Après que cette rivière d'informations aie coulé vers moi, j'en viens à me demander si mes échecs dans toute ma démarche ne seraient pas liées à ces faits ou bien s'il s'agit de coïncidences... Je me demande aussi si l'impression que j'ai de gêner ne se ressent pas au point de créer vraiment cette gêne.

      Lorsque je suis repassé auprès de mes bancs, à 14h30, il n'y avait personne. Demain, je repasserai au kebab et saisirai la proposition d'aide que l'on m'a faite aujourd'hui.

      mardi 15 juin 2010

      Anthrographie : encore un échec, soldé par la pluie

      Mardi 15 juin :

      Il est 12h15, j'ai raté mon rendez-vous avec Abdel. Pourtant je croyais que nous étiez d'accord sur l'horaire, mais sans doute a-t-il cru que je ne viendrai pas et a-t-il dû aller manger pour ne pas être en retard à son travail. Hélas des problèmes en sérigraphie pour un autre travail (projet de Lacq) m'ont retardé...

      Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque sur le banc d'en face, je vis deux papys maghrébins, exactement les personnes qui m"intéressent pour mon projet. Je fonce sur l'occasion vais vite chercher quelques matériaux dans ma voiture : mon mémoire, mon carnet de dessin, mon appareil photo, et quelques travaux que j'ai fait auparavant, toujours dans cette démarche de portraits.
       Je me dirige vers le banc et leur demande si je peux m'asseoir :

      - " je peux m'asseoir ? "
      - " bien sûr, ici c'est à tout le monde, tout le monde il peut s'asseoir "
      - " je m'appelle Jérémy "
      - " enchanté " (mais eux ne me disent pas leurs prénoms)

      (Je commence à tenter d'expliquer que je suis à l'école des beaux-arts, que ma grand-mère est algérienne et qu'elle m'amenait aussi sur les bancs voir ses copines quand j'étais petit.)

      - " pourquoi vous venez toujours ici, sur ce banc ? "
      - " on vient comme ça, avant d'aller manger " (en regardant sa montre à plusieurs reprises, du coup je sens une gêne)

      (Je tente de leur expliquer que je fais le portraits des gens, que c'est pour mon projet de diplôme, je ne suis pas sûr de me faire comprendre.)

      Même pas une minute plus tard : 
      - bon moi je dois y aller, au revoir monsieur.
      - au revoir, bonne journée.
      (Et le second le suit. Avant de traverser la voie, l'un d'eux retient l'autre car une voiture arrive, veillant l'un sur l'autre)

      Je dessine vite fait l'un d'entre eux, de dos, lorsqu'ils attendent au passage piéton. C'est à ce moment là que je me dis que ça n'est pas grave, je n'ai qu'à dessiner ce qu'ils voient de ce banc, et tenter de me servir de signe faisant partie du champ de vision de ce banc. Je fais un dessin, en cinq minutes, j'en commence un autre et là, la pluie me met une grosse douche dans la tronche. Je range vite mes affaires qui craignent la pluie, à la fois déçu et quelque peu énervé. Et le pire dans tout cela, c'est que dix minutes plus tard la pluie cesse mais il est l'heure pour moi de retourner sérigraphier. Le sort s'acharnerait-il ? Pourquoi autant de difficultés à créer un contact ? Tous ces échecs seraient-ils une démarche à exploiter ? La suite au prochain épisode...

      dimanche 13 juin 2010

      Anthrographie : carnet de bord et finalité

      Vendredi 11 juin :

      • J'ai revu Abdel à 13h, le monsieur avec qui j'avais rendez-vous, mais en seulement cinq minutes (j'avais trop sniffé de solvant en sérigraphie et le temps est passé trop vite). Je lui ai donné un exemplaire de mon mémoire, afin qu'il voit quelques images et connaisse mon propos. Nous avons à nouveau rendez-vous mardi à 12h et mangerons ensemble pour prendre le temps de discuter.

       Quelle finalité (et quelle forme du coup) pour ce projet ?

      Je dois décider de la finalité afin de mieux savoir quelle forme y donner.
      Je vois à quoi ressemble un album photo, objet représentatif du portrait.
      Je vois "ZUP" de Grapus, et "Pas de ville sans visages" de Nous Travaillons Ensemble, ils font référence à ce format avec leurs grands cahiers à spirale, couverture cartonnée.
      Je vois le format des calendriers à accrocher au mur (j'ai sous les yeux un fabuleux exemplaire de celui des pompiers palois) et leur fonction secondaire permettant d'avoir une image (et les dates bien sûr) sous les yeux pour un certain temps.

      Alors je m'interroge :
      1. je m'intéresse à des gens que personne ne remarque
      2. je veux les placer au centre des préoccupations
      3. tout en allant à l'encontre d'une image de presse faite pour être vendue
      → comment trouver un moyen efficace de montrer ces personnes ?

      Et pourquoi pas tenter de réunir tous ces formats en un format qui leur ressemble tous ? C'est-à-dire un carnet à spirale que l'on accroche au mur à la manière d'un calendrier, donc un dyptique composé de deux images à l'italienne. A l'inverse d'une image de presse , ils ne seront pas sur un panneau publicitaire ou un abri bus. Ainsi mon idée de donner la parole aux gens et montrer des gens que l'on ne remarque pas, toujours de manière respectueuse, prend du sens. Parce que ce format a l'avantage de montrer ces gens et ce qu'ils ont à dire au gré des envies, et que l'on peut changer de page lorsqu'on le souhaite.


      Ce format me permet de créer des diptyques, pour mettre en confrontation lieu et personnage à l'aide de deux images. Je pense donc laisser tomber les affiches, par contre ces images seront quand même déclinées sur cartes postales (la carte postale a une facilité de distribution, tient dans la main, elle va dans la démarche de rendre les images aux gens).

      Pour ce qui est du contenu, il me faut davantage de matière avant de pouvoir œuvrer c'est pourquoi je retourne à mes bancs dès demain. En fonction des anecdotes que l'on partagera avec moi, je pense me focaliser sur un objet ou une partie de corps (et sûrement pas le visage), ou une photo de dos, un habit, etc. bref un indice qui parlera de cette anecdote.

      mercredi 9 juin 2010

      Anthrographie : expériences du terrain mar 8 et mer 9 juin

      Mardi 8 juin :
      • Dans l'après-midi, rencontre d'un marocain, je suis accompagné d'Elise, élève à l'ESAC d'origine libanaise, hélas l'arabe parlé au Liban (littéraire) n'est pas que le même que celui parlé au Maghreb. Il nous apprend que beaucoup partiront au Maroc dès le lendemain ( pas de chance ! ).
      • Début de soirée, rencontre (tout seul cette fois-ci) avec deux algériens, je leur montre mon mémoire, la photo de ma grand-mère et quelques portraits produits ça et là durant l'année. Ils me racontent qu'ils étaient dans l'armée française en Algérie durant la guerre 39-45. L'un d'eux, a un regard qui m'intrigue, ses yeux oscillant entre le gris et le bleu clair. Je n'ai pas mon appareil photo mais je discute avec eux et ils m'accueillent volontiers. Je ne sais pas s'ils ont bien compris mes intentions. L'un d'eux m'apprend qu'avant il y avait énormément de maghrébins qui se retrouvaient à Pau, mais que beaucoup sont morts. D'après les comptes qu'il tient sur papier, il y aurait en tout une quarantaine de décès. J'ai quelque chose à faire, je leur promets de revenir plus tard car le lendemain je travaille (ndlr : dans un lycée, deux soirs par semaine). Mais lorsque je reviens vingt minutes plus tard, l'un d'eux est parti et le second s'en va peu après.
      Mercredi 9 juin :


      • A treize heures, il y a deux papys qui semblent m'intéresser, mais le temps de venir c'est l'heure où ils avaient apparemment prévu de partir. Je le sais parce que je les croise dans la rue, je tente le contact, mais mon appareil à la main, ils prennent peur et refusent de m'écouter, prétextant de ne pas me connaître. Il est évident que le premier contact doit donc se produire sur ces bancs et non dans la rue, de manière détendue, ne donnant pas l'impression que je les suis.
      • J'appelle mon grand frère à qui je demande de me donner quelques phrases clés en arabe, suite à cela il m'envoie un mail. Cela risque d'être drôle !

      • Puis une rencontre très intéressante avec Abdel, un monsieur un peu moins âgé, travaillant à proximité et prenant une petite pause avant la reprise de son poste. Je lui explique ma démarche, il comprend et m'explique pourquoi la photo effraie tant. Il me raconte l'histoire d'un belge il y a quelques années qui aurait photographié des prostituées au Maroc. En prenant ces photographies, il cadre aussi par inadvertance sur des filles n'étant pas des prostituées, et publie ses photos sur le net. Quelques mois après, les services de renseignements marocains tombent dessus et incriminent les prostituées, ne faisant pas de différence avec les filles qui n'ont rien à voir et qui apparaissent sur les photos. Cette affaire a fait scandale dans tout le pays. Il me soulève l'idée que pour comprendre pourquoi les maghrébins aiment se regrouper ainsi dans toutes les villes françaises, il faudrait remonter à la source et aller au pays même. Hélas, avec seulement deux semaines avant mon diplôme et un boulot qui me bloque à Pau, je n'ai pas cette possibilité. Mais pourquoi pas, pour donner suite au projet ? D'après Abdel, un billet vaut seulement 50€ au départ de Toulouse. J'ai de nouveau rendez-vous avec ce monsieur demain, jeudi à 13 heures, en vue de lui montrer mon travail et de continuer cette discussion. J'émets l'hypothèse en dernier recours de faire des photos de dos ou bien de dessiner les gens, car dans ce genre de projet à l'allure incertaine il vaut mieux anticiper.

      Projet de diplôme : "Anthrographie" ( sur le terrain )

      Anthrographie = anthropologie (étude de l'homme) + graphie (écriture)
      Anthrographie = une autre écriture, un autre moyen de parler de l'homme et de le décrire



      Comme expliqué dans mon mémoire, mon goût pour le contact des gens vient sûrement à l'origine des promenades avec ma grand-mère. En effet, d'origine algérienne, elle avait pour habitude d'aller retrouver ses copines sur un banc pour papoter.


      Curieusement, on retrouve ce genre de réunion dans toutes les villes, et à chaque fois ce sont des groupes de maghrébins qui se retrouvent sur des bancs. Ils ne se connaissent peut-être pas, du moins au début, et discutent des heures durant. Ces lieux ne sont pas calmes, ils sont au contraire au milieu de tout, en plein centre, je me demande si c'est ce n'est pas par ressemblance au souk que l'on peut trouve au Maghreb. Tout le monde passe devant et personne ne les regarde.


      Seulement moi, ils m'intéressent. Tout d'abord parce qu'ils évoquent mon histoire, ensuite parce que ce sont des minorités oubliées. Car je les trouve bien plus intéressants que des gens habillés en enseignes commerciaux de la tête aux pieds qui eux n'ont rien à raconter à personne. Contrairement aux français, ces gens prennent le temps de discuter et racontent volontiers leur histoire, partagent des mots sans intention malsaine, sans intérêt, sans capital. Et puis il s'agit avant tout d'une certaine génération liés à certains faits historiques (guerre 39-45, guerre d'Algérie, immigration de masse).


      C'est là que mes propos rejoignent ceux de Georges Didi Hubermann, conférencier vu à Tarbes quelques mois auparavant, lorsqu'il parlait du travail du cinéaste Faroki. J'ai apprécié la manière dont il vantait des images qui à l'origine ne sont pas faites pour être vues (images de l'armée par exemple) et surtout la restitution au public qui en est faite. 


      Le plaisir de produire et donner des images qui vont à l'encontre des images de presse m'a envahi, moi aussi.


      C'est pourquoi, à Pau, il existe un ou deux endroits similaires. Le premier, auquel je m'intéresse pour le moment est situé juste à côté des futurs locaux de l'ESAC, entre les mutuelles et la MSA.
      Le second, pas encore exploré, que je garde de côté au cas où il me manque de la matière, est à côté du terrain de boules en face de Domino's pizza.


      Dans cet endroit, deux bancs de chaque côté de la route, où se retrouvent des papys maghrébins chaque jour. Suivant les horaires, ce sont jamais les mêmes. Et puis certains sont partis au Maroc aujourd'hui d'après l'un d'eux.


      Seulement, je suis confronté à quelques difficultés :


      1 - je ne parle pas arabe, et tous ne parlent pas un français correct
      2 - je dois installer une relation de confiance alors que je ne les connais pas
      3 - ils sont effrayés par les photos et l'utilisation que je pourrais en faire


      Je dois donc réussir à instaurer cette relation, pour que les vraies anecdotes ressortent et pour qu'ils se rendent compte de mes intentions aussi louables soient-elles. Il faudrait aussi que quelqu'un m'introduise auprès d'eux, quelqu'un parlant arabe, j'ai essayé avec une fille de notre école (libanaise) mais ce n'est pas le même arabe. J'ai appelé mon grand frère, qui lui apprend l'arabe et il m'a donné quelques phrases que je pourrais dire...plutôt marrant si je dois parler arabe à mon avis ils vont me regarder avec des gros yeux, mais je suis prêt à prendre le risque !


      Ensuite instaurer cette relation n'est pas dans un sens d'intérêt, car j'ai bien l'intention de ne surtout pas voler les images, si je veux rendre l'humain digne dans mes images je dois aussi respecter leur image car je suis apprenti graphiste, pas journaliste. Et puis il faut aussi faire attention de ne pas déranger, ne pas entrer dans un cercle intime si l'on ne s'y sent pas invité. Je me suis déjà frotté à deux échecs depuis hier, même si j'ai pu un peu discuté avec deux d'entre eux je n'avais pas mon appareil photo.


      Alternative si je suis vraiment embêté : prendre des photos de dos ou dessiner.

      mardi 8 juin 2010

      Test mise en page projet de Lacq

      Bonjour,

      voici des tests de composition pour le projet photo de Lacq :
      finalité : créer des images qui placent l'humain au centre des préoccupations, montrer des images qui établissent le rapport entre une personne et ce lieu qu'est l'usine.
      exemple : ici le lien entre Cécile et l'usine est la fumée car je l'ai rencontrée en train de faire de l'écobuage, donc le contraste entre sa fumée et celle produite par l'usine.

      sortir du format normalisé ?
      proposer quelque chose qui se place entre le portrait (humain) et le paysage (usine)
      de chaque personne ressort une anecdote qui lui est propre

      technique : affiche impression numérique + sérigraphie
      support : papier mat 80x60cm orientation paysage

      à suivre :  Jean, Jean-Pierre, Alain, Anna, Romain.

      proposition retenue